La grande traversée

En quittant La Paz, nous savons que des heures de route s’annoncent. Nous l’avions prévu dès l’organisation du voyage, plus de 2000km nous séparent de notre prochaine destination. On ne peut pas tout faire et nous avons choisi de faire l’impasse sur de nombreux sites que l’on aurait pu voir en chemin…

Pour le début du trajet, nous embarquons donc sur le bateau qui nous mènera, en un peu plus d’une nuit à la ville de Mazatlan. Là, notre Bôtiluth parait tout petit au milieu de ses voisins! Ismaël, que nous avions rencontré lors de notre première visite au port s’est arrangé avec les dokkers pour que l’on puisse être sur le pont supérieur et donc dormir « chez nous ».

Nous quittons le port au soleil couchant et allons partager le diner des routiers : succès complet, les enfants adorent!

Le lendemain, nous regardons les couleurs changer avec le lever du soleil et admirons un panorama bleu et lisse à 360°. On n’a beau scruter, pas de dauphins ni de baleines à l’horizon… Tant pis, il est l’heure de « desayunar » (déjeuner). Retour à la cantine du bateau où l’on déguste omelettes, galettes de maïs et purées de haricot… Miam!

Arrivés à Mazatlan, nous optons pour un camping avec piscine, où chacun peut se détendre pendant que l’on se met à jour du linge et que l’on profite d’un peu de connexion internet pour essayer de mettre en route la nouvelle tablette (succès mitigé).

Reposés et rafraichis, une bonne nuit de sommeil s’annonce… Bon, moins calme que prévue puisque des Mariachis débarquent avec toute la fanfare juste en face! Immersion dans la culture mexicaine, c’était tout de même bien agréable…

Le lendemain, nous nous levons avant l’aube, prêts à avaler les kilomètres… Enfin presque : au réveil, il faut en fait faire deux lessives de draps et changer une roue! Oui, ça fait 6, on tient la thématique de notre voyage. Mais du coup, à force, notre clef a rendu l’âme, nous offrons donc à ce cher Bôtiluth une toute nouvelle croix. On repart finalement, la cellule remplie de draps qui sèchent et un peu en retard sur le planning.

Par la suite, la blonde se trompe de route, bref, journée moyenne, nous dormons juste après Guadalajara. Le lendemain est plus productif, les paysages s’enchainent: volcans qui fument, odeurs de canne à sucre, végétation de plus en plus tropicale, et ascension des montagnes centrales à la périphérie de Mexico… Nous atteignons Puebla le soir, après avoir « seulement » perdu 30 minutes à un péage.

A force de les passer, nous sommes à court de liquide, on demande à payer en carte aussi souvent que possible, mais au dernier, c’est impossible… Il faut donc fermer la guérite, et aller au poste central, sous escorte militaire, pour tendre la carte à travers une porte grillagée. Là, sans me laisser rentrer, on me demande mon code… Ben, désolée mais non! Du coup, nous avons droit à une scène cocasse où un des militaires est réquisitionné pour porter le câble d’alimentation de la machine, un autre pour le câble Ethernet et l’employée me tend le clavier, à travers les barreaux! Je pianote donc, encadré par les cerbères au fusil mitrailleurs pendant que Jo, se demandant ce qui se passe, sort du camping-car. Alerte générale, « non monsieur, on ne bouge pas », bon, OK. On n’est pas fâches de repartir!

En nous levant le matin du troisième jour, on se dit que c’est possible d’atteindre Palenque le soir…

Il nous faut seulement faire quelques courses et le plein. Raté! Après nous être un peu perdus dans les faubourgs de la ville, nous nous arrêtons dans une station service, non sans avoir préalablement vérifié qu’ils prenaient la carte: c’est bon, on rempli le réservoir. Oui mais, petit détail : ils prennent les mastercard ou visa uniquement de banques mexicaines… Le papa cool monte en tension, non mais ils rigolent? Après avoir envisagé de nombreuses solutions, nous allons donc, avec un des pompistes jusqu’au distributeur le plus proche : 30 min de route!

Finalement en début d’après midi nous retrouvons l’autoroute. Les paysages continuent d’évoluer, et nous entamons notre descente de la montagne vers les zones humides.

C’est en descendant que nous avons droit à notre plus belle frayeur depuis le début du voyage. Sur la route le trafic est dense, et d’un coup, Jo voit dans son rétroviseur un camion qui essaye de passer par la droite dans la descente. Par chance, la bande d’arrêt d’urgence est en bon état dans la zone, on se déporte et il nous évite puis continue sa course folle : à l’évidence, ses freins ont lâché! Nous le voyons osciller juste devant, taper la paroi rocheuse en doublant le camion devant nous et finalement se coucher après avoir percuté un bus en étalant sa cargaison de légumes sur plusieurs dizaines de mètres. Nous allons vite réconforter les enfants paniqués. Finalement l’histoire se finit bien puisque le chauffeur sort indemne et que le bus a pu s’immobiliser sans autres dommages qu’un moteur enfoncé. Tout le monde s’affaire alors à libérer la chaussée, récupérant au passage les légumes en état : pour notre part, un gros sac de carottes.

Nous terminerons notre route le lendemain soir, après les derniers kilomètres d’asphalte, de trous et un bivouac dans une station service. On n’est pas désolés de passer à autre chose.

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