Shipping étape 2: Récupérer Bôtiluth…

Suite de l’épisode précédent: ça y est, nous sommes passés de l’autre coté du Darien et arrivés par avion à Carthagène. Alors, c’est parti, on s’arme de patience, parce que ça on l’a bien appris avec toutes les douanes que l’on a croisées dernièrement… Et ça ne va vraiment pas être superflu! Je pense (j’espère) que cet article restera le plus long jamais posté sur ce blog.

Pour l’aspect pratique, à l’attention des autres voyageurs:

  • vous trouverez en bas de page mes conseils pour chaque étape… Afin de ne pas vivre le même roman fleuve que nous!
  • les trois quarts de cet article ne vous seront pas utiles, en suivant les conseils en question!

Étape 1: récupérer le bill of lading chez le transporteur.

seaboard

Notre transporteur c’est Seaboard, donc, on trouve le bureau (qui n’est pas à l’adresse indiquée) et le guichet auquel il faut s’adresser et là, première surprise: il y a une étape 0 cachée: il faut payer une participation de Seaboard Colombia (50US$), parce que en fait jusque là, on avait payé Seabord Panama.

Etape 0: payer les frais Seaboard Colombia.

Le détail intéressant, c’est que forcément, il n’ont pas un guichet pour faire ça, il faut aller directement déposer l’argent en liquide (correspondant à 50US$, mais en pesos) sur leur compte en banque, en centre ville (il y a plusieurs agence possibles, heureusement).

Étape 1 bis: récupérer le bill of lading chez le transporteur.

De retour au bureau de Seaboard avec la facture, et après avoir réalisé l’étape 2, parce que avant de partir, j’avais quand même demandé si je pouvais en profiter pour faire d’autres démarches en ville, on m’explique que je ne peux pas avoir le bill of lading car les fonds ne sont pas arrivés sur le compte de Seaboard Panama. Je ne suis pas très surprise, l’ordre est parti jeudi et nous ne sommes que lundi. On verra demain (de toutes manières j’y ai déjà passé la journée)

Étape 2: Faire la déclaration en douane.

Là, rendez-vous au bureau du DIAN, où après m’être adressée au guichet, on m’oriente vers un open space avec une grosse cinquantaine de bureaux… OK, je redemande mon chemin et on me montre un bureau vide, il a du partir en pause déjeuner, mais j’ai le droit de l’attendre là.

Ce que je fais pendant un bon trois quart d’heure, jusqu’à ce qu’une stagiaire vienne essayer de m’aider en me donnant un document à remplir (mais sans bien savoir comment il faut le remplir). Sur ce, le fonctionnaire revient, me dit que c’est bien, qu’il lui faut maintenant des photocopies (du document, de mon passeport, de mon tampon d’immigration, de la carte grise et de mon permis de conduire). Donc pour ça, je ressors, vais les faire devant le bâtiment (j’étais assise juste à coté d’un photocopieur qui avait l’air de marcher très bien pendant ma longue attente), et je reviens. Parfait, c’est en ordre, je peux y aller… Sans aucun document? Oui, pas de soucis, on me donne simplement le nom de la personne que je dois contacter au port.

Étape 3: Entrer au port.

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Le port étant sur mon chemin de retour, je décide de tenter ma chance à l’étape 3, même si je n’ai pas encore validé l’étape 1. Je me rends au port, pour chercher Emil qu’on m’a affecté au DIAN. Je rentre au port et le rencontre assez rapidement, il est charmant et commence à préparer mon dossier, en m’expliquant qu’il ne pourra pas aller beaucoup plus loin sans le bill of lading, (je m’en doutais un peu). Il m’explique les différents éléments dont j’ai besoin, et en premier lieu une assurance. OK, pas de soucis, nous sommes encore dans les pays où il faut en prendre une par pays pour Bôtiluth (jusqu’au Pérou, après, j’en aurai une pour tout le reste du voyage, trop la fête!), donc je prends les coordonnées qu’il m’indique et me rend à l’agence d’assurance.

Non sans difficulté, j’ai commencé par tomber sur un bâtiment en construction avant de finalement trouver le tout petit bureau. Sauf que là on m’explique que c’est pour une assurance personnelle, pour que moi j’aie le droit d’entrer sur le port… Ah oui mais ça j’ai, je ne vais pas en reprendre une en plus! Retour au port, où je présente mon attestation à Emil. Il disparait quelques temps, et revient en me disant qu’il lui faut toutes les conditions de l’assurance, pas uniquement l’attestation. Je la lui envoie le soir même, et j’ai le droit à une réponse ubuesque: « OK, les conditions sont bonnes, mais il faut votre attestation »…. Mouhahaha, je sens qu’on va s’entendre! Je la lui renvoie, et normalement tout est en ordre.

Étape 1 ter: récupérer le bill of lading.

Mardi matin, à la première heure, je me rends au bureau de Seaboard (pas loin de l’hôtel, c’est pratique), mais point de virement… Je discute cependant avec Linda, mon interlocutrice et parvient à récupérer un bill of lading temporaire (sans le tampon) qui va me permettre d’effectuer les démarches de douane mais pas de sortir le véhicule. C’est déjà très bien, je vais pouvoir avancer parce que les procédures sont quand même très longues.

Étape 4: démarches de déchargement du véhicule au port.

Je rejoins Emil qui me confirme enfin que mon assurance est bonne (AVI marco polo monde, pour ceux qui ont la même), et là, nous commençons les papiers. Il me dicte, et je recopie, sur 3 formulaires différents, mon nom, numéro de passeport et des numéros à chaque fois différents qui doivent correspondre à mon dossier. Régulièrement, il s’absente et revient avec un nouveau papier… Jusqu’à ce qu’il me ramène une facture pour les frais de port. Je tousse un peu, on m’avait annoncé entre 200 et 400US$, j’en ai pour 375$, mais à payer en pesos (facture de plus d’un million, c’est beau). Bien, comment on paye?

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Il y a deux guichets de banque juste à coté du bureau, c’est tout simple… sauf qu’aucun ne prend la carte: il faut payer cash! Et il y a un distributeur de monaie, mais il ne délivre pas plus de 600000 pesos par jour, cherchez l’erreur. De toutes manières, mon plafond de retrait est atteint pour la semaine (remise à zéro du compteur le lendemain). Je n’ai pas assez de dollars avec moi, j’en ai laissé dans le camping car pour ne pas tout avoir sur moi. Donc c’est parti pour une discussion un peu longue, pour expliquer que là, en l’état, je ne pourrai pas payer aujourd’hui sans avoir accès à mon véhicule. Miracle, Emil m’organise un accès (très encadré) jusqu’à Bôtiluth! Après plus d’une heure d’attentes en tous genres, je rejoins le conteneur accompagnée de Cesar qui a gentiment accepté de me prendre en charge. Je suis ravie de voir que le camping car a l’air en bon état, je passe vite à l’intérieur et récupère les sous (et au passage, discrètement le levain, qui même si il a fait bon voyage, n’a pas été nourri depuis bientôt une semaine).

Je reviens, change mes dollars dans la banque en me faisant assassiner sur le taux de change, j’en aurai finalement pour 400$. Sur ce, tout est en ordre, j’ai rendez-vous le lendemain matin pour l’inspection de douane à 8h30. Emil me dit qu’on va descendre le véhicule du conteneur, et me demande si j’ai les clefs. Non, je ne les ai pas, étant donné que j’ai du les laisser avec le véhicule en partant du Panama, selon la procédure. Ah, ils doivent les avoir alors, pas de problème!..

Étape 1-4: récupérer le bill of lading.

Je repasse par les bureaux de seaboard juste avant leur fermeture, mais le virement n’est pas encore arrivé, ça devrait être bon demain…

Étape 1-5: récupérer le bill of lading.

Mercredi matin, le bureau ouvre à 8h, j’y passe donc avant de me rendre au port histoire d’avoir directement le document et de pouvoir enchainer la sortie du port… Perdu, rien n’est arrivé, je pars au pas de course vers le port (il me faut d’habitude 25min de marche, j’en ai moins de 20, pfiou, sportif le début de journée). Mon trajet passe le long de la voie rapide et d’une fabrique de palettes en plein air, un parcours de santé!

Étape 5: déchargement et inspection douanière.

8h30 et 15s, je suis là, tout va bien! Donc, « bonjour, attendez là un petit quart d’heure s’il vous plait! »… Je patiente en reprenant mon souffle, jusqu’à 9h05. J’ai de nouveau droit à un petit échange à propos des clefs du camion, je ré-explique que j’ai les clefs de la cellule, mais pas du camion puisqu’il fallait les laisser avec le véhicule au port de Colon. Là, après avoir déposé mon permis de conduite, j’ai droit de nouveau à mon casque et mon gilet de protection, direction le bureau d’entrée du port, avec deux compères venus également récupérer leurs véhicule. Une fois là, on attend (un bon quart d’heure) César qui doit venir nous chercher. Après quelques péripéties, parce que les badges de mes compagnons ne fonctionnent pas, nous passons les grilles et arrivons dans la zone de déchargement où se trouvent les deux conteneurs et mon flat rack.

En chemin, Cesar nous demande de nouveau si nous avons les clefs… Toujours pas, comme je l’ai dit depuis hier déjà, je n’ai pas les clefs, je les ai laissées avec le véhicule, comme demandé! (je me répète?)

Je suis donc devant mon véhicule, attaché sur son support, et personne ne sait où sont les clefs! Grâce au téléphone d’un de mes collègues américain, je joins Tea au Panama, qui me dit qu’elle s’occupe de chercher où elles peuvent être et qu’elle me rappellera… Entre temps, je décide de sortir le jeu de secours que nous gardons caché sur le camion (quelle bonne idée!). Après moult tentatives, (parce que il y a un cadenas à code et que c’est Jo qui l’a programmé…. Ouf, mon cerveau n’est pas totalement éthéré par les démarches administratives), je devine le code et récupère les clefs: on peut descendre Bôtiluth de son piédestal.

Direction la zone d’inspection des douanes, où on m’a bien prévenue: il faut patienter… Il est plus de midi et demi quand l’inspecteur arrive, vérifie le numéro du moteur, et passe vaguement la tête dans la cellule: c’est bon, j’ai le permis d’importation pour trois mois!

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Je pars retrouver Emil, et là surprise, de nouveau quelques formulaires dictés et une nouvelle facture tombe: plus de 600 000 pesos! C’est le prix de la sortie du conteneur?! En fait, personne ne sait trop m’expliquer à quoi ça correspond, et ça ressemble vaguement à une loterie, car même si tout le monde y a droit, il n’y a pas deux fois le même montant…. Ne pas s’énerver, ne pas s’énerver, ne pas s’énerver! Mais j’ai quand même vaguement l’impression qu’on se f*** de moi…

En plus, comme d’un fait exprès, le distributeur de billet est en panne.

Bon, de toutes manières, je dois repasser chez Seaboard (pour l’étape 1 toujours), j’en ai repéré un autre sur le chemin…

Je passe par l’hôtel où Jo et les enfants ont fait le check out et attendent sagement dans le hall. La situation n’est pas très encourageante, mais on reste optimistes: le banquier nous a confirmé que la date de valeur était aujourd’hui, et pour les clefs, elles ne doivent pas être bien loin….

Étape 1-6: récupérer le bill of lading.

A l’ouverture des bureaux à 14h, je suis donc chez Seaboard, croisant les doigts et les orteils, ça va s’arranger, le virement est forcément arrivé… Que néni ma brave dame.

Par contre, une chose s’arrange: on a retrouvé mes clefs, elles sont rangées dans une enveloppe qui attendait sagement sur le bureau de Linda (a priori depuis lundi).

Bon, super, je retourne au port, payer pour terminer l’étape 5.

Étape 6: sortir le véhicule du port.

Encore une fois, je discute et explique en toute bonne foi à Emil que l’argent va forcément arriver aujourd’hui, la banque l’a confirmé, donc qu’on peut commencer à préparer les papiers, je ramène le bill of lading en fin d’après midi… OK, on prépare tout ça, il me glisse tout de même que attention, le port, c’est « gratuit » pour trois jours, mais que à partir du lendemain, j’ai droit aux frais supplémentaire pour la place qu’occupe mon véhicule. Je retourne chez Seaboard.

Étape 1-7: récupérer le bill of lading.

Mais de virement il n’y a point, revenez demain. Je vois la facture qui s’allonge, d’autant plus qu’il faut, dès mon retour, reprendre une nuit de plus à l’hôtel. Au moins, les enfants sont contents, on retourne se détendre dans la piscine

Étape 1-8: récupérer le bill of lading

Jeudi matin, dès 4h heure locale, je relance le banquier. Le banquier de papa, parce que le mien, que j’avais prévenu plus de dix jours avant de mon besoin de virement, m’a finalement expliqué au dernier moment que ce n’était pas possible puisque je n’avais pas de numéro de téléphone français, et un iphone, avec l’application société générale dessus (oups, j’ai lâché le nom de ma super banque…). Bref, merci papa, heureusement qu’il est là et qu’il a pu, à peine rentré de voyage, courir à la société générale (oups, je l’ai dit encore), faire un virement depuis son compte. Le banquier me dit que ça ne saurait tarder… Bon, pleine d’espoir, je suis à 8h devant les bureaux de Seaboard. Là, leur système est planté, pas moyen de voir si le virement est arrivé. Il faut communiquer par mail avec le Panama, au bout de quelques longues minutes d’attente, le verdict tombe, il n’y a rien.

Je passe donc la journée en échanges de mails, avec la France, le Panama et la Colombie, pour finalement avoir la confirmation que l’argent est bien arrivé… Aux USA où il doit transiter! Génial. Mais, notre interlocutrice nous explique qu’il arrivera aujourd’hui, demain au plus tard.

OK, on fait les sacs, et à 13h, dernière heure possible, nous faisons de nouveau le check out de la chambre et nous installons dans le hall de l’hôtel.

Étape 1-9: récupérer le bill of lading.

Je repasse au bureau à 14h, puis de nouveau juste avant la fermeture à 17h, mais il n’y a rien.

C’est reparti pour un tour: on reprend une nuit d’hôtel, et la facture du port s’alourdit.

Étape 1-10: récupérer le bill of lading.

Vendredi matin, 8h, j’attends devant le bureau de Seaboard. Il n’ouvrira que péniblement à 8h15, visiblement, ils ont fait la fête hier soir… Pour célébrer l’arrivée des fonds? Malheureusement non, toujours rien. Retour à l’hôtel, re-re-re-mail à la banque qui me répond que forcément ça arrive aujourd’hui! Mais ne vous en faites pas, je reste dispo jusqu’à 17h15 en cas de besoin… Avec le décalage horaire, je suis rapidement toute seule, tout le monde est en weed-end. Pour ne pas tourner en rond inutilement, je décide de faire tout de suite l’étape 7.

Étape 7: l’assurance du véhicule.

Donc, l’assurance est obligatoire, mais pas demandée par la douane, il faut la prendre dès qu’on sort du port. Je me rends au bureau le plus proche que j’aie trouvé: c’est en fait une station essence (Texaco, mais Terpel ça marche aussi), il suffit de demander aux pompistes et on vous amène dans un petit bureau.

Là, il faut normalement le papier de douane, une fois encore, j’use de ma force de persuasion, explique que la douane m’a accordé l’importation pour trois mois, mais que je n’ai besoin que d’un mois d’assurance… Ils acceptent de me faire le contrat sans le document (seulement carte grise et permis de conduite).

Mais quand on a la poisse, c’est quelque chose d’assez durable semble-t’il. Le système plante, ils sont à trois sur mon dossier, et comme dans la pub: « ça imprime pas ». Au bout de presque une heure, je leur explique que je reviendrai plus tard…

Étape 1-11: récupérer le bill of lading.

Je passe donc chez Seaboard avant la pause de midi, mais il n’y a rien. Le timing commence à être serré pour sortir le véhicule aujourd’hui mais on garde espoir. Retour à l’hôtel, check out et installation dans le hall avec les enfants ravis… On est connus comme le loup blanc ici, tout le personnel suit nos aventures portuaires!

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Étape 7 bis: l’assurance du véhicule.

De retour au bureau d’assurance, ça ne marche toujours pas… Et pourtant on a appelé la hot line! Ayant vu le niveau d’un des collègues incapable de faire un copier-coller, je demande si je peux regarder l’écran (il se trouve que j’ai quelques notions en systèmes et bases de données). Pas de soucis señora, je vous montre: je clique ici, je valide là, je demande d’imprimer… et l’imprimante se met en marche! Je rêve… Bon la chance revient! Sauf que la plaque d’immatriculation n’est pas bonne. Mouahaha!

Bon, après avoir appelé le chef (qu’est ce qu’on ferait sans lui), il se trouve que comme j’ai un véhicule étranger, la plaque n’est pas nécessaire, j’ai un numéro TL (transito libre) avec un numéro qui s’incrémente. Bon, mon numéro de moteur est le bon on va partir là dessus.

Étape 1-12: récupérer le bill of lading.

14h, je suis de nouveau à l’ouverture du bureau de Seaboard, mais de nouveau pour rien. Je suis optimiste malgré tout, je repars pour le port, le virement va forcément arriver aujourd’hui…

Étape 6bis: sortir le véhicule du port.

Je retrouve donc Emil, lui explique mon absence (ce que j’avais déjà fait par mail) et là, miracle, il m’explique qu’il travaille le lendemain, donc, si ce soir, avant la fermeture de Seaboard, j’arrive à avoir le bill of lading, je peux venir le samedi matin faire la sortie!

Nous préparons donc les papiers dans ce sens, et je paye encore une facture, cette fois pour le stockage du véhicule jusqu’au samedi. Ceci fait, je repars vers Seaboard, un petit coucou à mes fabricants de palettes: « attention les gars, laissez passer la muchacha! »

Étape 1-13: récupérer le bill of lading.

Jusqu’à la dernière minute nous avons attendu et espéré avec Linda, mais à 17h, il faut se rendre à l’évidence: le virement n’arrivera pas aujourd’hui. C’est donc pour le week end complet que nous repayons l’hôtel…

A ce stade du récit, il semble ridicule de continuer à incrémenter cette étape 1 qui ne veut décidément pas se valider, je proposerai donc à mes aimables lecteurs de bien vouloir reprendre avec moi en chanson (sur l’air de « le roi, la reine et le p’ti prince):

Lundi matin, Daphné des H avec son gros dossier, est venue chez Seaboard, mais comme il n’y avait pas d’virement, le banquier a dit: « ne vous en faites pas ça arrivera ce soir »

Lundi après-midi, Daphné des H avec son gros dossier, est venue chez Seaboard, mais comme il n’y avait pas d’virement, le banquier a dit: « ne vous en faites pas ça arrivera demain »

Mardi matin, Daphné des H avec son gros dossier, est venue chez Seaboard, mais comme il n’y avait pas d’virement, le banquier a dit: « ne vous en faites pas ça arrivera ce soir »

Mardi après-midi, Daphné des H avec son gros dossier, est venue chez Seaboard, mais comme il n’y avait pas d’virement, le banquier a dit: « ne vous en faites pas ça arrivera demain »

Bon, en fait, en vrai, je n’ai pas eu tant de nouvelles que ça de la banque (surtout pas un lundi), mais à ce stade de l’histoire, je suis vraiment très inquiète pour le pigeon voyageur qui s’occupe des transferts internationaux pour la société générale… Le pauvre a du être kidnappé par des pirates de l’air et à l’heure qu’il est, il croupit dans une geôle sur une île perdue du pacifique sans que ses collègues ne déclenchent l’alerte enlèvement, prévenez la SPA!!

Le mercredi, est sans doutes la pire journée: aucune réponse de la banque, et coté Seaboard, ils en ont vraiment raz le bol de notre dossier, et de reposer toutes les cinq minutes des questions à leur banque alors que clairement, il y a un problème du coté de la société générale (ce que leur silence me parait bien confirmer).

En désespoir de cause, avant la fermeture, je cherche avec Linda les solutions alternatives pour se sortir de ce pétrin sans nom. Le soir nous prenons donc la décision de changer de stratégie le lendemain si la banque ne nous donne toujours aucune information. Nous écrivons donc encore une fois à l’ensemble des interlocuteurs de la banque, message relayé de nouveau par mon papa le lendemain (oui, tous les jours, je consulte et relance à partir de 3h du matin heure locale pour être en phase avec la France). Leur silence est assourdissant…

Le plan B:

AMtrads

Nous faisons transférer la ligne de créance de Seaboard Panama vers Seaboard Colombia afin que François, l’un des anciens élèves de mon école (un Gadzart donc!) avec qui je suis en contact sur Bogota, effectue un virement directement depuis son compte colombien.

Nous ne nous connaissons pas mais avons été mis en contact par un camarade commun que j’espérais voir lors de notre passage en Colombie (si il n’avait pas choisi ce moment pour faire un tour en Afrique!..)

C’est donc parti, jeudi dans la matinée, on enclenche le plan B, en disant qu’on sera sortis à temps pour l’anniversaire d’Ethel qui est le lendemain.

Malheureusement, pour effectuer le virement, il faudra enregistrer le compte destinataire car le montant est trop important. Ce sera fait dans l’après midi, le lendemain au plus tard… La poisse est toujours là, nous reprenons la chambre une nuit de plus!

Vendredi matin, pas de confirmation de la banque, ça devient inquiétant… Il faut que la banque destinataire autorise l’enregistrement de son compte?! Je ne comprends pas tout du système colombien, ce qui est sûr c’est qu’on en découvre tous les jours… Nous cherchons toutes les solutions possibles, voyant le week-end approcher dangereusement. Pas moyen d’avoir l’enregistrement du compte, on est de nouveau coincés… François prend alors les choses en main et se rend lui même à sa banque puis à celle de Seaboard pour y déposer un chèque de banque et me renvoi l’attestation. Il ne me reste plus qu’à aller chercher mon bill of lading chez Seaboard dès l’ouverture des bureaux à 14h. Là, après un bon trois quart d’heure de vérification, Linda me tends enfin, avec un grand sourire (soulagée, presque autant que moi) le précieux sésame:

ça y est!!!!

Étape 6ter: sortir le véhicule du port.

Bon, bref, ne crions pas victoire trop vite, je cours vers le port, où j’arrive un peu après 15h. Et là, c’est reparti pour le parcours du combattant, car la première chose que me dit Emil en me voyant, c’est: « super, vous allez pouvoir sortir le véhicule demain! »…. ah non, ça ne va pas être possible! Et je pense qu’il a bien senti le risque imminent de déflagration nucléaire…

Donc, ok, je remplis de nouveau des formulaires, je vais régler encore une facture et… j’attends… j’attends, j’attends! finalement, vers 16h30, il vient me dire que je pourrai rentrer dans le port à 17h30: ouf!

Pendant ce temps, je rencontre d’autres voyageurs en galère qui comme moi attendent et insistent : leurs papiers de douane ont été oubliés par l’inspecteur, il faut qu’ils reviennent le lendemain… Ça sent l’insurrection dans la salle d’attente, heureusement, un ara bleu vient détendre un peu l’atmosphère! Oui, il se promène tranquillement dans la pièce…

Enfin, mon heure arrive, et je peux rejoindre Bôtiluth, là encore un peu de patience et plusieurs papiers à signer puis je passe les barrières de la « salida ».

Là, je m’apprête à crier de joie, quand je me rends compte que je n’ai pas récupéré le papier d’importation temporaire du véhicule dont j’ai besoin pour circuler en Colombie! AAAAARRRGGGG! Je me gare en warning et cours à l’intérieur pour essayer de retrouver Emil. Les grilles sont fermées, je vois le moment où je vais devoir revenir le lendemain quand j’aperçois mes compagnons d’infortune qui sont en train d’obtenir gain de cause! L’une d’eux viens me voir et c’est elle qui se charge de récupérer mes documents ouf!

Nous nous embrassons et je peux enfin quitter cette galère, nous n’en pouvons plus!

L’épilogue en ce qui concerne la société générale nous ne l’avons pas à l’heure où nous écrivons ce post. En effet, nous avons reçu vendredi matin un message d’une amabilité rare nous informant qu’il y avait eu une erreur dans le numéro du compte et qu’on aurait quand même pu s’en rendre compte. En tout état de cause « la responsabilité de la société générale ne saurait être engagée » (sic). Bien évidement, nous ne partageons pas ce point de vue, d’autant que les seuls numéros visibles sur les documents qu’on a bien voulu nous transmettre étaient bons… Bref, tant sur la compétence en matière de transferts que sur le service client, cette banque mérite un bon gros zéro pointé.

Nos conseils pour les suivants, histoire de passer un peu moins de temps que nous….

  1. Règlement du transport en bateau : au vu des différentes expériences (cf les PAZAventure), le virement bancaire ne semble vraiment pas la meilleure solution (La Société Générale est nulle mais les autres ne semblent pas mieux loties pour des transferts internationaux). Le mieux est d’avoir la somme en liquide (pas forcément simple, je l’accorde) et de payer directement au guichet de citibank au Panama.
  2. Règlement des factures du port : prévoir un max de liquide en pesos dès l’arrivée en Colombie… Malheureusement, il ne semble pas vraiment possible d’anticiper le coût, mais je pense qu’avoir 1 500 000 avant de commencer les démarches est nécessaire.
  3. Accès au port : prévoir une version imprimée de la police d’assurance si vous en avez une, avec les conditions générales
  4. Si vous les avez laissées au Panama, demander à récupérer les clefs du véhicule dès l’étape 1!
  5. S’entrainer à la méditation, et surtout, surtout: prévoir un bon bouquin pour les heures d’attente!

« SUERTE » à tous!

4 commentaires sur “Shipping étape 2: Récupérer Bôtiluth…

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  1. Bravo ma fille pour ce compte rendu, subtil, réaliste et plein de sagesse /courage !
    Je constate que tu as su garder ton calme et ton sang froid face à l’incompétence notoire de la SG.
    Peut être qu’à l’occasion, tu pourras donner des suites de l’aventure avec la banque, si cela mérite d’être raconté. Car bien entendu, nous n’allons pas en rester là.
    Vous voilà libérés, c’est le plus important et bonne continuation.
    Bises

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